Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

 

Notre camarade Roland  MONNET ( brevet n° 1761) est décédé  

le 12 février 2013 à Bourg en Bresse dans l'Ain 

 

Portrait 

                                                                      insigne-GIA-copie-1.jpg                  insigne-1-RCP-copie-1.jpg

 Roland MONNET - Copy

 Roland MONNET, Palerme 1944

  

Roland MONNET est né le 7 juin 1922 à Sathonay Camp. Sa scolarité est effectuée en primaire à Charnay les Macon, en secondaire à l'école Ozanam de Macon puis il intègre l'Ecole d'Apprentissage Supérieure Lamache à Lyon. Fin octobre 1940, Lyon est encore en zone libre et l'information circule, la radio diffuse des messages du Général demandant aux Français de le rejoindre, si bien que Roland, sans en avertir ses parents, décide de tenter l'aventure en rejoignant l'Angleterre en passant par l'Espagne et le Portugal. Il s'en va seul, et sans aucun secours de réseau de passeurs et va réussir à passer la frontière. Hélas il est arrêté par la garde civile espagnole, après un passage par les prisons de Saragosse et Figueras il est finalement incarcéré au tristement célèbre camp de concentration de Miranda de Ebro où il passe l’hiver 1940-1941.Après quatre mois de détention, il est renvoyé en France sous bonne escorte, et amené à la prison de Pau. Après un jugement sommaire, il est condamné à un mois de prison plus cent francs d'amende (une forte somme à l'époque qui sera payée par ses parents). Libéré, il rejoint Bourg en Bresse où résident ses parents et est alors enrôlé dans les chantiers de jeunesse du 1er  juillet 1942 au 28 février 1943 avec affectation au groupement d'Aix les Bains. De retour à Bourg, son père le fait entrer à l'Union Electrique (qui deviendra EDF par nationalisation en 1946) et dans la vie professionnelle. L'Allemagne a besoin de bras et notre ami Roland se trouve requis pour le Service du Travail Obligatoire (STO), ce qu’il refuse en ne répondant pas à la convocation et en s’enfuyant vers Bellegarde pour essayer de rejoindre un Maquis. A cette époque les Maquis de l’Ain ne sont pas encore organisés si bien qu’il n’a d’autre choix que de revenir au domicile parental, avec le risque d’être arrêté comme réfractaire au STO. Orienté sur l’abbaye de Notre Dame des Dombes (plus connue sous le nom de Trappe des Dombes) par une connaissance, il y rencontre le frère Bernard qui lui obtient une fausse carte d’identité et lui indique une filière pour aller dans le Vercors où des maquis sont en cours d’organisation. Il est toujours pourchassé et recherché, comme bien d’autres réfractaires, si bien qu’il décide de nouveau de tenter l’aventure et après avoir prévenu ses parents prend la direction de l’Espagne. Comme un éternel recommencement, il est arrêté en Espagne le 20 juillet 1943 et cette fois interné au camp de Jaca, en compagnie d'aviateurs alliés et de français n'ayant pas ''réussi le passage''. En 1943, l'Espagne est détachée de l'Axe, les finances de l'état sont exsangues et les populations sont affamées. Alors les Américains qui ont pris pieds en Afrique du Nord aident l'Espagne en lui fournissant des cargaisons de blé, en échange de prisonniers. Roland MONNET fait partie de ceux-ci et est ''échangé'', pris en charge par la Croix Rouge, il est conduit en novembre 1943 à Malaga où il est embraqué sur un bateau à destination de Casablanca au Maroc. Une fois sur place avec des milliers d'autres ''échangés'', il renonce enfin à vouloir aller en Angleterre et se présente au bureau d'engagement de l'armée française mais avec une nouvelle idée en tête, devenir aviateur. Il signe un engagement dans l'armée de l'air mais se retrouve affecté aux unités parachutistes en constitution. Il prendra bien l'avion et aura un calot bleu mais il devra sauter en marche car pour lui ce seront les Compagnies d'Infanterie de l'Air (CIA), les premières troupes parachutistes de l'armée française ayant succédées aux Groupements d'Infanterie de l'Air (GIA) de 1937.



Roland est breveté parachutiste le dix janvier 1944, avec le brevet numéro 1761 et est affecté à la huitième compagnie du deuxième bataillon du 1er Régiment de Chasseurs Parachutistes qui lui même est une composante de la 82ème division aéroportée américaine. Puis ce seront les opérations en Sicile à partir du cinq avril 1944, il est en Italie continentale le douze juillet et à Rome en septembre. Il est aérotransporté avec son unité le cinq septembre 1944 de Rome à Valence dans la Drome, pour intégrer les opérations visant à retenir les armées Allemandes tentant de s'échapper vers le nord par la vallée du Rhône. Ensuite c'est la traversée de l'Ain, Dijon puis les Vosges où il est blessé au pied par un éclat d'obus à Travexin le dix sept octobre 1944. Sa convalescence terminée, il rejoint son régiment à Colmar fin janvier 1945. Démobilisé le treize janvier 1946, après deux semaines de repos, il est de nouveau embauché par l'Union Electrique, entreprise qu'il n'a quitté qu'en juin 1977 comme Contremaître Principal, faisant valoir ses droits à la retraite. 

                                               P1090441

  

Roland a épousé Georgette JEANVOINE le vingt et un juin 1945 à Paris, ils ont eu deux enfants, Geneviève et Patrick, et mènent une vie paisible à Bourg en Bresse.

Outre une lettre de félicitations du Général Giraud datée du vingt deux novembre 1943, il a été fait citoyen d'honneur de la commune de Widensolen en 2005, comme tous ses camarades de la 8ème compagnie du 1er RCP et était titulaire des décorations suivantes:

 

Médaille militaire (1971), Chevalier de l'Ordre National du Mérite (2010), Croix de Guerre 1939-1945  (1956), Médaille des Evadés (1954), Croix des Combattants Volontaires 1939-1945 (1956), Croix des Combattants Volontaires de la Résistance (1972), Médaille des Réfractaires  (1960), Médaille des Internés Résistants (1969),

 

La section Ain-Bugey de l’Union Nationale des Parachutistes est particulièrement fière et honorée d'avoir pu compter parmi ses membres un homme comme Roland MONNET. Que Saint Michel lui fasse une place de choix auprès de lui. 

 

 

 

Tag(s) : #Ils nous ont quitté

Partager cet article

Repost 0